Urban tome 2- Ceux qui vont mourir (Vendredi chronique)

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Série: Urban
Tome: 2
Titre: Ceux qui vont mourir
Scénariste: Luc Brunschwig
Dessinateur: Roberto Ricci
Coloristes: Roberto Ricci, Giovanna Miro
Editeur: Futuropolis
Date de publication: Février 2013

 

Enfin! Voilà un moment que je trépignais sans pouvoir ni lire ni me procurer cet album. Mon scénariste fétiche, une série que j’ai beaucoup apprécié, et je ne pouvais pas la lire. Mais la chose est réparée, cet album a enfin trouvé le chemin de ma bibliothèque personnelle et je peux vous en fournir la chronique, qui ne dépareillera pas de toutes celles parues avant.

Dans la ville de Monplaisir, le show ne s’arrête jamais, pour le meilleur, comme pour le pire. Zachary Buzz est la nouvelle coqueluche de Springy Fool chez les Urban Interceptor, après la mort de son prédécesseur contre le redoutable tueur Antiochus Ebrahimi. Une popularité qui embarrasse Buzz plus qu’autre chose, d’autant qu’il n’a qu’une chose en tête, lui, retrouver la jeune prostituée qui s’était ouverte à lui peu de temps auparavant. Ebrahimi reviendra, c’est évident et alors la vie de Zach ne tiendra plus qu’à un fil, il le sait. Mais cela ne l’empêche pas de se préparer. Dans les ruelles, un gamin perdu échoue dans les ruelles de Monplaisir et fait la rencontre d’un magicien itinérant, Ronald Olf, qui va lui faire découvrir les dessous de la cité. Et dans le même temps, le collègue du policier abattu par Antiochus reprend la suite de ses investigations sur un étrange trafic d’organes dans la grande ville des loisirs.

Luc Brunschwig est un scénariste de talent. Je dis cela car il a le don de distiller ses révélations avec l’adresse du meilleur des dealers de drogue. Il sème des choses, des idées, qui éclosent plus ou moins vite, qui nourrissent l’intrigue tant au premier qu’au dernier plan. Ainsi donc, comme la couverture le laisse supposer, c’est sur Niels et Ronald que la caméra sa pose principalement. On découvre un gamin livré à lui-même, laissé sans attention par ses parents, et un découvre aussi l’esclavagisme à la mode Monplaisir, les petits secrets honteux qui rendent possible le grand barnum officiel. Et par là-même, Brunschwig livre une science-fiction comme je l’aime moi: au prétexte de parler d’un futur forcément impossible à advenir, il nous parle en fait de notre présent. C’est la force de la SF, nous amener, par la comparaison, à considérer autrement notre histoire présente. Comment ne pas penser , en voyant les arrière-cours de Monplaisir, à ces scènes tournées dans les coulisses de Disneyland? Comment ne pas penser que nous ne sommes pas si éloignés que cela d’un Ronald, mis en esclavage pour rembourser des dettes qu’on a bien pris soin de lui laisser contracter? Pour être honnête, je pense que le scénariste va dynamiter toute cette organisation et que Zachary Buzz, l’innocent, l’être épris de Justice, sera l’élément déclencheur de cette révolution. Car fondamentalement, Monplaisir repose sur des bases pourries, et il me semble que c’est ce que souhaite nous démontrer Brunschwig sur cet album. Avec ce grand ordonnateur, Springy Fool, dont on ne sait encore rien mais qui est forcément plus qu’un animateur télé en costume de Lapin. Et donc, un système cruel avec les plus faibles, qui ne les protège jamais. C’est d’ailleurs autour de ce thème qu’il conclue ce deuxième opus. Une conclusion forte, qui laisse à notre imagination le soin d’imaginer la suite. Et vous je ne sais pas, mais moi j’ai déjà imaginé plein de choses, ce qui me donne une plus grande envie encore de lire le tome 3.

Pour accompagner ce scénario dense, il fallait un artiste qui se donne à fond, et Roberto Ricci est de ceux là. Ses planches sont d’une incroyable richesse, ce qui permet à ce monde imaginaire et tentaculaire de prendre littéralement vie. Les détails sont innombrables et je plains sincèrement l’artiste de devoir dessiner une telle masse de figurants tous différents de par les déguisements qu’ils portent. Le soin qu’il porte aux lavis d’encre, notamment, apportent une réelle densité à son dessin et compensent bien, comme il le souhaitait, le caractère plus froid de la mise en couleur numérique. Sa couverture est sublime et tout l’intérieur est au diapason, qu’il dessine les quartiers de vie ouvriers ou les plus beaux palaces de Monplaisir.

Il n’y a pas à dire, quand un scénario contient comme celui-ci de nombreuses touches de critiques sociales, je ne peux pas résister. C’est intelligent, il y a un propos construit, cohérent, un regard acerbe sur notre société d’entertainment. Et pourtant, c’est fun, il y a de la course-poursuite, de la romance, on ne s’ennuie pas un instant. Prenant et emplie de réflexion, je ne demande pas autre chose.

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3 réflexions sur “Urban tome 2- Ceux qui vont mourir (Vendredi chronique)

  1. Eric the Tiger 08/03/2013 09:39

    Je me disais aussi que cela faisait longtemps que tu n’avais pas évoqué ce cher Luc ! Au plaisir de te relire…

  2. Yaneck Chareyre 08/03/2013 09:45

    N’est-ce pas? Le livre a mis du temps à me retrouver à cause de mon déménagement. Ce qui explique mon retard sur cet album.

    Mais oui, que veux tu, j’y peux rien, j’ai adhéré à presque tout ce qu’il a écrit…

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