Crève saucisse (Mardi chronique)

Creve-saucisse

Titre: Crève saucisse
Scénariste: Pascal Rabaté
Dessinateur: Simon Hureau
Coloriste: Claire Champion
Editeur: Futuropolis
Date de publication: Janvier 2013

Voici donc ma première collaboration avec l’éditeur Futuropolis, qui a décidé de me faire confiance. J’en suis ravi, et tâcherai de me montrer à la hauteur. Pour vous lecteurs, c’est donc l’assurance de voir cet éditeur un peu plus représenté, ou plus régulièrement. Des œuvres que je sélectionne aussi, sur les promesses qu’elles portent. J’espère vous proposer comme à chaque fois des critiques engagées et sincères. Pour ce titre là, le nom de Pascal Rabaté représentait une valeur sûre. Et puis cette couverture si engageante…

Didier est boucher, un de ces bouchers qu’on aime à fréquenter régulièrement, toujours le bon conseil, toujours la bonne idée pour préparer. Mais le boucher n’est pas heureux. Il a découvert, l’été d’avant, et que sa femme le trompait avec leur meilleur ami. Il ne sait pas encore comment, mais il va se venger. Il va trouver comment se débarrasser de lui et reconquérir sa femme.

Voici un ouvrage excellent, jusqu’à la conclusion, assez décevante. Rabaté met en scène un vaudeville assez jouissif, parce que très sombre, presque acide, qu’il ne mène pas jusqu’au bout. Au dernier moment, le scénariste nous propose une conclusion assez convenue, politiquement correcte. Quand vous voyez la couverture, vous n’avez aucun doute sur le fait que l’histoire puisse ne pas être gentille. Et pourtant, à la fin, le bien triomphe. Quel dommage… Mais pourquoi Rabaté n’a-t-il pas osé jusqu’au bout, conservé cette note de méchanceté qui m’a fait apprécier 4/5e de l’histoire? Didier est un personnage fantastique, tellement il ne comprend rien à ce qu’il vit, aux raisons qui ont pu mener à cela. Non, il pense simplement, il croit qu’une solution expéditive lui permettra de reconquérir sa femme. C’est cruel de le voir réagir à certains évènements, de le voir espérer ce retour de l’être aimé, alors que rien n’a été réglé. Alors certes, la conclusion est méchante pour lui mais j’aurai préféré qu’il s’en sorte et que le bien ne l’emporte pas. Petit plus pour les geeks dans mon genre, une mise en scène sympathique de la passion de la bd. Enfin, sympathique, je me comprends…
Je ne connaissais pas Simon Hureau jusqu’à présent, mais je dois dire que je garderai un œil sur sa production, car je l’ai bien appréciée. Son trait est simple en apparence, mais en fait assez riche. Il travaille ses cases, propose un trait nerveux, expressif. Un dessin qui ne dépareille pas pour le scénario de Pascal Rabaté, on sent une communauté d’esprit entre les deux artistes. Notons une mise en couleur parfaitement adapté de Claire Champion, et on peut dire que la partie graphique est bien assurée.

Pas totalement convaincu, une petite pointe de déception, ce premier titre Futuropolis de l’année 2013 me laisse un petit goût de regret. Il y avait de quoi proposer un très bon album, pour peu d’avoir assumé jusqu’au bout un propos incisif comme un couteau de boucher.

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5 réflexions sur “Crève saucisse (Mardi chronique)

  1. lasardine 24/01/2013 17:33

    bon… d’un côté mon statut de végétarienne me fait freiner des quatre fers, mais Rabaté quoi…!!

    aller je note!

  2. Yaneck Chareyre 24/01/2013 22:26

    Rassures toi, en dehors d’une scène qui ne devrait pas te convenir, l’aspect bidoche est très restreint.

  3. Pingback: Crève saucisse | Les lectures de Caro

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