Le roi banal (Semaine Casterman)

Le-roi-banal

Titre: Le roi banal
Scénariste: Antoine Ozanam
Dessinateur:Kyung-Eun
Editeur: Casterman
Collection: KSTR
Date de publication: 2009
D’après une idée de Kyung-Eun

 

J’essaye de vous proposer des œuvres issues des différentes collections de l’éditeur, pour cette semaine Casterman. KSTR, j’en lis peu, alors j’ai décidé de faire l’effort. Un effort peu coûteux, en l’occurrence. En tous cas, vous aurez là un bel éventail des possibles chez Casterman.

Connaissiez-vous le royaume de Georgetta et son souverain le roi Miao 1er? Lui essaye tant bien que son territoire soit reconnu comme état indépendant par l’ONU. En attendant, il refuse tout contact avec les autorités du pays qui l’entoure, préférant vivre en autarcie. Louis a perdu sa femme Georgette il y a longtemps, et ne s’en est jamais remis. Leur fille, Florence, a grandi sans sa mère. Elle s’est mariée, a eu deux garçons avec Gilles, un postier, et un troisième enfant est en route. Ca ne va pas bien pour eux non plus. Surtout lorsque Gilles tombe sur une lettre du roi Miao 1er dans son centre de tri. Il trouve là le sujet du roman qu’il cherche à écrire depuis si longtemps. Mais ses rêves ne sont pas du goût de sa femme. Il ne lui révèlera donc pas que son sujet d’inspiration est en fait son père à elle.

Un roi banal, tout est dans le titre. Un homme mal dans sa vie, seul, malheureux, qui se construit une vie plus intéressante. Est-ce de la folie, de la sénilité? Peut-être, mais pas forcément. En tous cas le doute plane et Antoine Ozanam utilise bien cela. Il faut dire qu’elle n’est pas commode la Florence et qu’il ne vaut mieux pas qu’elle apprenne les bizarreries de son père. L’histoire nous montre bien comment un deuil mal fait, une mort mal expliquée, peu marquer une personne des années durant, influer profondément sur son caractère. Impossible pour elle de se remettre en question, elle préfère accuser tout le monde. D’ailleurs, les différentes représentations qui lui sont attribuées, en serpent géant, en militaire sadique, montrent bien le parti pris d’Ozanam. C’est très imagé, mais en tous cas, impossible de se méprendre. Le camp est choisi, les auteurs sont du côté de Louis/ Miao 1er. Gilles, le mari, est un personnage bien construit lui aussi. On se prend à la plaindre de subir une femme tyrannique, à comprendre qu’il puisse se détacher de sa vie de couple et rêver à son tour, comme ce beau-père qu’il compte bien moquer, au départ. Florence, elle, n’a plus de rêves dans sa vie. Et on voit combien ça lui manque.
Kyung-Eun, le dessinateur, possède un style qui convient très bien à cette ambiance si étrange. Un peu à la manière des bd de l’Est de l’Asie, il est à la fois pertinent sur les situations sérieuses précises, et à la fois sur celles plus délirantes, plus caricaturales comme les représentations de Florence dont je vous parlais plus tôt. Il y a de belles expressions, des visages qu’on retient et qu’on ne peut confondre, du dynamisme aussi. Finalement, le meilleurs du manga/ Manhua/ Manhwa, à la sauce franco-belge. Notons aussi l’excellent travail de mise en couleur qui accompagne fort bien les différentes péripéties et ambiances souhaitées par le scénariste.

Si vous avez envie de lire une tranche de vie quotidienne pas si normale que ça, alors le Roi banal est fait pour vous. Dépaysement assuré.

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6 réflexions sur “Le roi banal (Semaine Casterman)

  1. lasardine 18/01/2013 09:09

    oh! ça je vais aimer! sans aucun doute!! rien que la couv’, j’adore!

    je note et je pars à sa recherche dès que possible!

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