La belle image (Mardi chronique)

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Titre: La belle image
Auteur: Cyril Bonin
Editeur: Futuropolis
Date de publication: Mai 2011
D’après l’oeuvre de Marcel Aymé

Raoul Cérusier ne s’attendait pas à vivre les faits étonnants qui lui sont advenus. Un beau jour, sans qu’il ne sache comment ni pourquoi, il découvre que son visage a changé. Qu’il ne porte plus ses propres traits, mais celui d’un homme plus jeune, plus beau. Impossible de retrouver sa vie, sa femme, ses enfants, son travail. Et à qui dire une telle chose? Qui ne le prendrait pas pour un fou à enfermer d’urgence? Sous le nom de Roland Colbert, Raoul va tenter de mener sa vie et de conquérir sa propre femme.

Je n’ai jamais lu Marcel Aymé. Ainsi donc, me voilà vierge de toute impression liminaire dans la lecture de cet ouvrage. Je ne saurai donc dire si cet album est fidèle à son œuvre inspiratrice.
Première chose à dire, c’est que le roman, ou la nouvelle, n’est pas toujours facile à adapter. Lorsque l’auteur écrit à la première personne, et qu’il s’attarde donc sur les pensées de son personnage, sur ses monologues intérieurs, cela ne passe pas très bien en bande dessinée. C’est ainsi que commence l’album, avec de nombreuses causes dans ce point de vue, et cela apporte une certaine lourdeur. Mais qui finit par passer, dès lors que Raoul se met en action. Mais puisque nous parlons d’une adaptation bd, autant mettre ce point en avant.
Pour l’histoire en elle-même, Aymé ne s’est donc pas préoccupé d’explication à ce phénomène étrange. Un peu surréaliste. Cela advient, point. Il préfère prendre le temps de mettre en scène les doutes et les évolutions de son personnage principal. Qui donc, va séduire sa femme en se faisant passer pour un autre. Car cet autre, finalement, il en est un peu amoureux lui aussi. Séducteur, beau, engageant. Il est tout ce que Raoul n’est pas. Toute la question étant de savoir ce que Raoul gardera de cette vie de Roland. La conclusion est assez juste dans le ton. Elle ne cherche pas à glorifier, à exagérer. J’aime cette normalité qu’Aymé met en avant. Pour en dire quoi, je vous laisse le découvrir. Je ne vais pas vous révéler la fin.
Le dessin de Cyril Bonin est plutôt agréable. Il possède une certaine grossièreté maîtrisée. Notamment par l’utilisation de crayons plus gras et plus épais pour les décors. Il introduit ainsi une notion de flou assez bienvenue au vu de l’histoire proposée. On sent aussi qu’il travaille à l’émotion, à la sensation, plus qu’à la précision. Même si ses dessins sont souvent très travaillés, ils gardent une fraîcheur, une sensation fugace des plus plaisantes.

Intéressante œuvre donc, qui sera sans doute plus intéressante en écrit. Cyril Bonin y apporte une touche personnelle de qualité, c’est indéniable, mais quitte à imaginer une situation totalement folle, je pense qu’il est préférable de laisser jouer à plein l’imaginaire et ne pas mettre d’images sur ce qui restera tout à fait personnel. Je pense que chaque lecteur d’Aymé a sa propre représentation de Raoul et Roland. Et c’est très bien ainsi.

La-belle-image_-plancheLogo top bd16/20

3 réflexions sur “La belle image (Mardi chronique)

  1. PG Luneau Il y a 2 ans

    Ça semble néanmoins intrigant, ce petit album : très beau, visuellement, très kafkaïen sur le plan du scénario… Peut-être m’y attarderai-je un jour…

  2. Pingback: La délicatesse, par Cyril Bonin, aux éditions Futuropolis | Les Chroniques de l'invisible

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