La mort dans l’âme (La BD du Mercredi)

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Titre: La mort dans l’âme
Scénariste: Sylvain Ricard
Dessinateur/ Coloriste: Isaac Wens
Editeur: Futuropolis
Date de publication: Août 2011

Cyril est tendu. Son père rejoint une structure médicale de fin de vie, car son cancer n’est plus soignable. Tout ce que la médecine peut pour lui, c’est juste de lui permettre de moins souffrir. La morphine fait des merveilles, et aujourd’hui la mort vient plus lentement, mais avec moins de douleurs. Père et fils vont se retrouver dans cette épreuve.

Encore un petit bijou proposé par les éditions Futuropolis. Un ouvrage tout en sensibilité, en finesse, sur un sujet grave qui nous touchera tous un jour. La fin de vie est un moment difficile à aborder, pour le mourant, mais aussi pour ceux qui resteront. Sylvain Ricard parvient à aborder la question assez directement, mais Isaac Wens met les choses en scène de telle façon que toutes les réponses ne sont pas données. C’est valable pour la question de l’euthanasie, qui tombe forcément à un moment donné. Cyril euthanasie-t-il son père? Je suis certain que les deux positions peuvent se défendre légitimement. Le dessin, la mise en scène, et l’absence de texte à ce moment là, permettent au lecteur de se faire sa propre idée de la question. Ce qui est formidable, car la conclusion de l’histoire est donc propice à plusieurs interprétations. J’ai la mienne, engagée, vous vous en douterez, mais un lecteur ayant la Foi pourra tout à fait y trouver une réponse tout à fait satisfaisante. Sylvain Ricard ne nous mâche pas le travail, il prend le lecteur pour un être intelligent, et c’est particulièrement satisfaisant. Il est toujours juste, avance toujours à pattes de velours. Il y a de la pudeur, dans cet album, qui fait du bien à l’âme.
Pour reparler d’Isaac Weins, l’artiste qui met donc en image ce délicat scénario, je ne saurai dire autre chose qu’il est parfaitement adapté. Comme le scénariste aborde les problèmes qu’il pose avec délicatesse, les traits de Weins sont tout en esquisses appuyées. Il y a une communauté d’esprit entre les deux auteurs, qui fonctionne à merveille. En travaillant plus certaines cases que d’autres, il force le regard à se poser. En épurant son dessin, il pose un voile pudique sur les situations compliquées. Je ne peux concevoir cette œuvre sans Isaac Weins.

Fin, profond, touchant, les qualificatifs positifs pourraient êtres légions sur cet album. Il est de ceux qui vous touchent profondément, qui captent l’essence des choses et engage sans juger. Futuropolis prouve qu’ils ont raisons de se montrer exigeants. La qualité est souvent au rendez-vous.

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12 réflexions sur “La mort dans l’âme (La BD du Mercredi)

  1. Mango 16/05/2012 10:11

    Un billet tout en finesse également! Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis concernant le travail du dessinateur tout en délicatesse. Cette fin aux deux interprétations possibles
    me convient parfaitement. Ils ont éviter d’asséner leur propre opinion, laissant chaque lecteur plus libre de se faire la sienne. C’était un sujet difficile mais ils s’en sortent avec brio.

  2. Syl. 16/05/2012 21:26

    Une BD que je ne vais pas noter malgré toute la sensibilité et la qualité qu’elle peut se prévaloir. Il y a des thème que je n’arrive pas à lire.

  3. PG Luneau 19/05/2012 15:53

    J’aime bien cette idée d’interprétation ambivalente… mais je n’aime pas trop le ces dessins esquissés, trop vaporeux… Sur le même thème, et avec probablement tout autant de doigté,
    Paul à Québec me satisfait déjà plus, visuellement parlant!

  4. Yaneck Chareyre 20/05/2012 10:38

    Ayant lu les deux, et ayant beaucoup aimé Paul à Québec, je dirai que ce dernier est moins dans l’émotion donnée à ressentir au lecteur. C’est touchant, indéniablement, c’est très bien écrit,
    mais le dessin reste très terre à terre, ne permet pas de toucher à une forme de grâce qui est accessible à la mort dans l’âme. Je pense qu’on a là vraiment deux formes d’expressions différentes:
    l’illustration pour Rabagliati, et l’expression pour Weins.

  5. Grand merci à vous. L’aviez-vous découverte sur le premier blog, cette chronique, ou bien est-ce le transfert des articles qui vous a permis de la lire?

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