Kiki de Montparnasse (Jeudi chronique)

Kiki-de-Montparnasse

Titre: Kiki de Montparnasse

Scénariste: José-Louis Bocquet

Dessinateur: Catel Müller

Editeur: Casterman

Collection: Ecritures

 

Etonnant rapport que j’ai eu avec cet épais album, qui m’a plutôt ennuyé et peu intéressé, et que pourtant j’ai lu intégralement, me sentant poussé à le faire.

Alice Prin est une petite fille vivant à la campagne au début du siècle. Pas de père, mère absente. Lorsque cette dernière finit par la prendre avec elle à la capitale, Alice vit de petits travaux. Jusqu’à devenir modèle pour peintre, et commencer une véritable vie de patachon à Montparnasse, aux côtés des plus grands artistes.

Pus de 300 pages ennuyantes, et pourtant, j’ai continué… Difficile à expliquer. Ce n’est pas le travail de scénarisation, ou le trait du dessin, qui pose problème, mais bel et bien les actes décrits.

Incroyablement moderne pour son temps, Kiki est pourtant une femme qui m’insupporte. Alcoolique, droguée, infidèle, incapable de se poser sentimentalement, elle terminera vieille, moche et seule. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je ne suis pas un pasteur orthodoxe, mais je ne partage pas cette vision de l’artiste que vivent Kiki et les artistes de son temps. Un rapport au luxe désagréable, au futile, à l’apparence. J’ai bien conscience de parler d’hommes tels que Modigliani, Desnos, ou bien d’autres, mais non, je n’adhère vraiment pas à cette vision de l’artiste. Les excès, l’argent… D’une certaine façon je conçois plus l’art à la façon d’un moine zen. Pas étonnant que j’écrive des haïkus. Dans la sobriété, la pudicité.

Il faut bien reconnaître à cet album le don de faire réfléchir et de provoquer. Sans doute ainsi que le voulaient les artistes dépeints dans cette œuvre. C’est un sacré tour de force que de développer une histoire horripilante et de parvenir à accrocher tout de même le lecteur. Chapeau les artistes…

Kiki-par-man-ray

8 réflexions sur “Kiki de Montparnasse (Jeudi chronique)

  1. benjamin Il y a 4 ans

    Je suis d’accord avec toi sur une grande partie de ta critique mais il ne faut pas oublier que Kiki est une femme qui se veut libre dans une société des années 30 qui est toujours marqué par son
    paternalisme exacerbé (Pétain n’est pas loin…) et une place de la femme plutôt rétrograde. Le milieu artistique et notamment surréaliste est majoritairement masculin (voir exclusivement), son
    mode de vie (alcool, drogue et compagnie) n’est qu’une marque de sa volonté à s’affirmer en tant que femme libre dans une société et un milieu qui a du mal a accepter tout ça.

  2. Yaneck Chareyre Il y a 4 ans

    Sans nul doute, sans nul doute… ^^
    Je ne nie pas qu’elle soit le produit d’une époque. Juste que cet aspect là de l’histoire des années 30 ne me branche pas outre mesure.

  3. Marie L Il y a 4 ans

    Ennuyant? Horripilant? Ah flûte, je souhaitais le lire…
    Mais même si ton avis reconnaît des qualités à cette BD, ces seuls mots suffisent à me dissuader de la lire!
    Pas de « temps » à perdre, il y a tellement de choix!

    Au fait, j’étais absente les derniers jours d’octobre, mais je compte bien me rattraper pour le Top de Novembre! J’ai d’ailleurs exprès évoqué une BD à 2* de la liste des « absents du top »… 😉

  4. Yaneck Chareyre Il y a 4 ans

    Super, merci à toi.

    Pour Kiki, ma foi, si je n’ai pas aimé l’histoire, c’est avant tout pour des raisons « politiques », ou morales, plutôt. Essayes le quand même. Tu n’es pas obligée de le lire en entier, mais
    peut-être auras-tu un ressenti différent du miens.

  5. Elouarn Il y a 4 ans

    Ce bouquin m’a enthousiasmé, c’est à dire, il m’a fait voyagé et découvrir cette époque par un autre bout d’une autre lorgnette. La qualité du dessin n’est pourtant pas particulièrement fameuse,
    enfin : pas virtuose (on sent la dessinatrice un peu hésitante, pas maitre de son art). Le dessin est en arrière de l’histoire.
    Le seul truc que je reproche au scénario, mais qu’on retrouve aussi avec l’histoire d’Hergé réalisée par le même Boquet pour le très classique Stanislas, est le découpage en tranches de vie… dont
    les vides nous sont inconnus…
    J’ai entendu parler d’une édition suivante agrémentée de scènes inédites… Le principe est du véritable foutage de gueule (on a aimé le bouquin, et on le rachèterais pour qqs pages en sus ???)
    mais je ne sais pas de combien de pages supplémentaires il s’agit ???

  6. Yaneck Chareyre Il y a 4 ans

    Je ne suis pas au courant, mais merci pour l’info. En effet, je trouve ça assez mauvais comme principe. Une bd n’est pas un dvd….

  7. Caro Il y a 4 ans

    C’est ce dernier (édition  »luxe ») que j’ai lu : le plus est à la fin la biographie des personnages, une bonne bibliographie et une chronologie de la vie de Kiki…
    (cf : http://caro85.over-blog.fr/article-32546102.html)
    Peut-être que cela faisait les 20 pages dont parle Elouarn.. ?? Mais sinon, je vois mal rajouter des planches dans une édition plus luxueuse, pas sympa pour les lecteurs de la première édition !

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