Urban tome 1- Les règles du jeu (Mardi chronique)

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Série: Urban
Tome: 1
Titre: Les règles du jeu
Scénariste: Luc Brunschwig
Dessinateur: Roberto Ricci
Editeur: Futuropolis
Date de publication: Octobre 2011

 

Décembre 2058. Zachary Buzz a rejoint la gigantesque ville de Monplaisir, afin d’intégrer l’Académie de police du plus grand complexe de loisir de la galaxie. Une justice très particulière, puisque télévisée, et ne se concentrant que sur les crimes les plus importants. Le reste des petits délits est réglé par l’ordinateur de la cité, avec sanction immédiate à effet supposément dissuasif. Zach a six mois de formation devant lui. Avec à la clé, la possibilité de devenir un Urban Interceptor, les agents du grand jeu de poursuite de criminels. Mais Zach est un bouseux venu des plaines terriennes. Comment vivra-t-il la rencontre avec cet univers de plaisir sans entraves?

Très belle année pour Luc Brunschwig, qui après ses deux séries dérivées du pouvoir des innocents, voit enfin se concrétiser un scénario vieux d’une dizaine d’année et qui a usé (et pas qu’au sens figuré parfois) plusieurs dessinateurs avant d’en arriver à cet album là.
De ce nouvel univers, on ne connaît pour l’instant que Monplaisir, une ville totalement consacrée à la satisfaction des plaisirs. Jouir sans entrave, en somme… Nous n’aurons pas encore le pourquoi de ce besoin. Car n’oublions pas que le besoin de se laver la tête, de décompresser de manière aussi totalitaire, doit forcément cacher des conditions de vie difficiles par ailleurs. Un effet cocotte-minute, pourrait-on dire. Ainsi donc, ce premier tome se concentre juste sur cet univers si particulier. Nous visitons Monplaisir aux côtés du nouvel arrivant Zachary Buzz, nous partageons un regard neuf sur cette cité. Et le personnage, sans doute comme nous, est dérouté, indéniablement. Pourtant, il semble s’adapter sans trop de mal à sa nouvelle vie. Il garde ses idéaux, sa naïveté, mais il tient. Encore que, à voir, puisque c’est à la toute fin de l’album que Luc Brunschwig joue le plus avec ce trait de caractère du héros. C’est dans le prochain tome que nous en verrons les effets. Dans le même temps, l’intrigue suit un meurtre et la traque du meurtrier par un des nouveaux Urban Interceptor. Et mine de rien, je sens que cette affaire a pas mal de répercussions potentielles. La victime enquêtait sur une série de meurtres liés à Monplaisir, affaires particulièrement sordides. Je serai étonné que Zachary ne vienne pas y fourrer son nez, par hasard, par malchance, ou par une quelconque volonté. Je dis volonté, car je doute fortement que nous n’ayons pas affaire à une télé-réalité, avec les Urban Interceptor, à savoir que les missions soient organisées et scénarisées à l’avance, sans que les agents eux ne le sachent. Les indices donnés par le scénariste laissent à penser cela, et une fois encore, je perçois Zach comme le trublion, comme l’élément instable, imprévu, qui va venir chambouler une mécanique bien huilée. Après tout, ces missions sont diffusées sur tous les écrans de la ville, et les paris sont nombreux. Donc je penche bien pour la manipulation des agents par les dirigeants de la ville (quels qu’ils soient, on n’en connaît rien pour l’instant). Et je pense que Zach, avec ses désirs de Justice, va aller mettre son nez dans les petits secrets de la ville du plaisir.
Aux côtés de Luc Brunschwig, celui qui aura réussit à triompher du scénario sans à priori y laisser sa santé physique ou mentale, Robberto Ricci. Je pense que cet homme est fou, et qu’il fallait cela pour accompagner un scénario aussi ambitieux. Ne regardez que la couverture, et voyez la somme de détails proprement hallucinantes qui nous est proposée. A Monplaisir, chaque arrivant porte un déguisement de son choix. Rien que sur cette couverture, je trouve seize références différentes à la culture bd/ animé. Et le décor! Quel sens incroyable du détail! Rien n’est bâclé, tout est travaillé avec la plus grande minutie. Et tout l’album est à la hauteur de cette couverture. Cet homme n’a aucun point faible. Même ses couleurs deviennent illustration naturelle de l’univers qu’il dépeint. On se sent ailleurs, et on se sent vraiment quelque part, avec des lumières crédibles pour une telle ville.

Carton plein pour Luc Brunschwig en cette année 2011. Urban s’avère une totale réussite, riche de fond, superbe graphiquement, et appelant tellement de possibilités pour la suite. Qui serait capable de dire ce qu’à réellement prévu le scénariste? Je vous ai formulé des pistes, mais je sais aussi  qu’il nous réserve de nombreuses surprises, et qu’au vu du peu qu’il nous dévoile dans un album pourtant dense, je sais qu’il dispose d’un monde d’une richesse exceptionnelle pour nous surprendre.
Encore bravo au duo d’auteurs.

Ils en ont parlé: Samba BD, Ben Dis!, Yvan,

Urban-tome-1_-plancheLogo top bd18/20

6 réflexions sur “Urban tome 1- Les règles du jeu (Mardi chronique)

  1. Colimasson Il y a 2 ans

    C’est vrai que le dessin est d’une richesse inouïe ! Le scénario est un peu plus évident, en revanche, mais bon, on ne va pas cracher dessus non plus… Se rincer les yeux, c’est déjà pas mal !

  2. Yaneck Chareyre Il y a 2 ans

    Sur un tome 1, je trouve que le scénar propose pas mal de potentiel. Mais c’est toujours sur un tome 2, qu’on peut l’apprécier pleinement.

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