La fille invisible (Vendredi chronique)

La-fille-invisible

Titre: La fille invisible
Scénariste: Emilie Villeneuve
Dessinatrice: Julie Rocheleau
Editeur: Glénat Québec
Date de publication: 2010

Mademoiselle Deschênes est journalistes, pour la revue Mignonne. Elle a un reportage à écrire sur les troubles du comportement alimentaire, l’anorexie, plus particulièrement. Elle s’est donc adressée à un médecin reconnu dans le domaine, afin de rédiger son article. Cela tombe bien, le docteur Skinner a de nombreux préjugés à faire sauter dans la tête des lectrices. On suit le parcours d’une jeune adolescente, Flavie, dans son parcours de malade.

Du fond, de la forme, voilà une bd qui pourrait s’apparenter à de la chicklit, de la littérature pour fille, mais qui est bien plus que cela. Si les personnages que l’on suit sont avant tout des personnages féminins, je pense qu’il se dégage une certaine universalité de cette œuvre qui peut parler à tous, sauf peut-être aux plus bourrins du genre masculin, mais pour ceux là on ne peut plus rien. C’est une œuvre engagée et pédagogique que nous proposent les deux auteures. Un reportage en immersion auprès d’une malade, une fiction inspirée par les expériences reportées par Emilie Villeneuve. On se laisse bien séduire par cette petite Flavie, par ses déboires et ses doutes. Les intermèdes consacrés au Dr. Skinner ne sont pas lénifiants, et ne brisent pas le rythme du récit, ils y contribuent au contraire. Parce que nous avons un homme (le Dr Jean Wilkins qui a aidé les auteures à réaliser ce récit?) militant et passionné, dans ces séquences, qui nous emporte lui aussi dans ses coups de boutoir contre les idées reçues. Il y a donc un juste équilibre qui rend cette œuvre intéressante et plaisante. Plus un petit rebondissement à la fin qui donne beaucoup de sens au récit.
Julie Rocheleau s’avère une dessinatrice tout à fait intrigante. On pourrait voir en elle des influences très diverses, du Munuera, sous certain aspects, en plus moderne, en plus expérimental. Il y a un réalisme très étonnant dans son trait, sans doute du au coup de crayon, comme pris au débotté, comme un reportage en direct. S’ajoutent ensuite des effets, des détails, les couleurs, qui structurent ce dessin afin de le rendre très élaboré, sous ses dehors de simplicité.

C’est donc un ouvrage que je recommande à la lecture. Fond et forme sont excellents, et c’est une fort bonne chose que cet ouvrage québécois ait atteint nos contrées. Je pense que c’est un album qui va pouvoir se diffuser dans les collège et lycée, avec des effets certains.

 

Ils en ont parlé: Audouchoc, Arsenul, Blog imaginaire.

La-fille-invisible_-plancheLogo top bd17/20

8 réflexions sur “La fille invisible (Vendredi chronique)

  1. PG Luneau Il y a 3 ans

    Ton regard critique m’ouvre très positivement les yeux sur cette BD que j’avais très rapidement feuilletée en librairie et qui ne m’avait pas laissé une très bonne impression. À mieux regarder la
    page que tu nous montres en exemple, je me réconcilie avec le traitement visuel de l’album, que j’avais jugé sévèrement, et tes bons commentaires me rendent finalement l’album bien plus
    intéressant… D’autant plus que ça fait deux ou trois autres blogues qui le critiquent favorablemment! Merci de me permettre de mieux apprivoiser les albums de mes compatriotes, finalement!! Il y
    en a si peu, je ferais mieux de m’y intéresser!!
    Pour ce qui est du prix, je confirme qu’il n’a rien gagné à Angoulème. Toutefois, je sais que les deux créatrices (car c’est un album entièrement féminin, ce qui est assez rare pour qu’on le
    souligne!) ont remporté, ici, le prix Bédéis causa (notre équivalent, bien modeste, d’Angoulème!) pour les auteurs les plus prometteurs, c’est-à-dire le prix de la meilleure première oeuvre de 2010
    (prix remis lors du festival international de la BD de Québec, en février ou mars 2011).

  2. Caro Il y a 3 ans

    Cet album m’intéresse bien, et effectivement il irait bien dans un établissement scolaire… Peut-être pour l’an prochain, désormais…
    Merci en tout cas pour tes nombreuses lectures, qui me permettent de faire un bon nombre de découvertes.

  3. Yaneck Chareyre Il y a 3 ans

    Merci à toi, c’est très gentil ^^

    Je suis content que ce petit blog puisse apporter des choses des gens que je ne connais pas en vrai ^^

  4. Theoma Il y a 3 ans

    Voilà un avis tout à fait contraire au mien, c’est toute la richesse de la lecture. Ce qui m’a principalement gênée c’est l’impression d’avoir lu une brochure de prévention et d’information et non
    une oeuvre graphique.

  5. Pingback: Betty Boob, Vero Cazot, Julie Rocheleau, Casterman | Les Chroniques de l'invisible

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s