L’héritage du colonel (La bd du mercredi)

l-heritage-du-colonel

Titre: L’héritage du colonel
Scénariste: Carlos Trillo
Dessinateur: Lucas Varela
Editeur: Delcourt
Collection: Mirages
Date de publication: Septembre 2008

Elvio Guastavino est un petit fonctionnaire argentin minable, peu après la fin de la dictature militaire. Son père, décédé, était un officier influent de l’armée argentine, et un tortionnaire, qui n’hésitait pas à ramener du travail à la maison. Aujourd’hui, Elvio est amoureux d’une poupée de porcelaine propriété d’un marchand juif, pour laquelle il travail et économise sans compter, et délaisse sa mère dans leur appartement sur son fauteuil roulant sans la nourrir. Mais le passé de son père va se rappeler à son souvenir.

En empruntant cet album, je m’attendais à une histoire sur la dictature argentine, avec un dessin plaisant, mais je ne savais pas ce que je prenais. Le dessin est en effet très à mon goût, dans un esprit très proche de certains auteurs Dupuis, dont Marzena Sowa. Mais l’histoire, elle, est complètement déjantée, à l’image du personnage principal. Complètement traumatisé par les exactions de son ère, et la propagande étatique qui baignait la maison, il est devenu un adulte complètement fou, et encore plus pervers que son père. Pour une poupée qu’il croit entendre lui parler, il ne fait plus manger sa mère, ne s’occupe pas d’elle, et la cloitre dans son appartement. Il vit dans le culte de son père, devenu fétichiste de la poupée sur laquelle le colonel s’exerçait en prévision de ses séances de tortures. Oui, c’est un personnage particulièrement malsain, et il n’est pas facile d’en suivre les pérégrinations. Il faut avoir le cœur bien accroché et c’est avec une pointe de provocation, que je propose ce titre dans la bd du mercredi.
Ceci dit, ne vous en faites pas, ce personnage malsain et antipathique en prendra plein la gueule voyant ses certitudes et tout son univers s’écrouler. Carlos Trillo nous montre sur quoi tenait toute la propagande du régime de l’époque, le christianisme, la lutte contre les rouges, et le nationalisme, et fait tout voler en éclat. Mais bien violemment.

Voilà une sombre page d’histoire, qui nous est présentée avec toute la violence que contenait la période racontée. Accrochez vous bien en lisant, car je trouve l’intrigue finalement passionnante. Le méchant est à la fois un pur pervers et une victime d’un système. Un bon moyen de nuancer une critique complètement à charge.

 

Publicités

7 réflexions sur “L’héritage du colonel (La bd du mercredi)

  1. PG Luneau10/02/2011 04:17
    Avec un tel résumé, tu nous intrigues et nous attires autant que tu nous répugnes : tu es un as du marketting, mon ami!! Il n’est pas dit que je ne feuillèterai pas cet album s’il me tombe un jour
    entre les mains!!

  2. Yaneck Chareyre10/02/2011 10:49

    Hé hé, je suis redoutable…. lol A passer ici si souvent, je vais faire sauter ton budget prévisionnel de bd…. ^^

    Bon, et tu veux pas mes souvenirs à moi?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s