Sutures (Jeudi chronique)

SuturesTitre: Sutures
Auteur: David Small
Editeur VF: Delcourt
Editeur VO: W W Nortan and Company Inc.

 

Récit autobiographique pour cette nouvelle lecture.
David Small, fils de radiologue, s’est retrouvé gamin, dans les années 50, avec une étrange excroissance sur le cou. Une excroissance qui nécessita deux interventions, car c’était un cancer qui menaçait de le tuer. David y laissa la voix.

Très sincèrement, j’ai lu cet album de manière machinale et sans grand intérêt, avec la désagréable impression finale de plus de trois cent pages creuses.
Et pourtant, David Small a eu envie de dire plein de choses. De dénoncer le silence qui pèse, dans les familles, celui qui n’est jamais expliqué. Qui n’est jamais compris. Il a eu envie aussi de parler des dangers de l’expérimentation scientifique hasardeuse, quand les savants des années 50 (et ils avaient commencé dès le début du XXe, même si Small n’en parle pas) étaient persuadés que les rayons X allaient tout permettre. Je prends cela comme une invitation à la prudence pour notre génération, notamment vis à vis des OGM. Il a eu envie de parler de relations familiales, d’homosexualité, aussi. Il a envie de dire plein de choses, prend beaucoup de place pour le dire, mais sans jamais ne faire plus qu’évoquer.

C’est mon grand reproche à cet album. Il ne va jamais profondément dans les choses. Je pense plus particulièrement à une scène, tout à fait démonstratrice de ce problème. Adolescent, David est invité un soir par son père à sortir tous les deux. Car il veut lui révéler que ce sont ses tests à lui, grand radiologue, qui lui ont donné le cancer. Cela prend quatre ou cinq pages, et pourtant, à la fin de la scène, on ne sait pas vraiment ce que pense le père de tout cela, et pas plus ce qu’en pense le fils. A un moment donné, la suggestion n’est plus une excuse.  Car c’est comme cela dans tout l’album. Il arrive tout plein de choses à David le personnage sans que David le narrateur ne rentre en profondeur dans les causes ou les conséquences de ces « aventures ». Et pourtant, ça fait trois cent pages, je vous disais. Trois cent pages vraiment vides.
La faute, je pense, à un style narratif trop tourné vers le comic book. Les pages ne contiennent que trois bandes, et parfois même moins. Un point commun à bon nombre de comics. Mais retrouver cela sur Spider-Man, Superman et leurs amis, sur des histoires où le fond n’est pas primordial, où la publication se fait en mensuel, ça ne pose pas de problème. Réaliser un graphic-novel avec ce découpage là, c’est comme si un écrivain triplait la taille des lettres de son roman pour faire comme si l’histoire était longue. Ca impressionne, mais malheureusement, à la lecture, on a le sentiment d’être floué.

Cet album est incomplet et mal construit. C’est fort dommage, car il aborde des thèmes particulièrement intéressants, mais traités avec trop de rapidité et trop superficiellement. Contrairement aux avis illustres cités dans l’album, sur cet ouvrage, on est loin du meilleur de la bande dessinée américaine.

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