Gaza 1956 (Mardi chronique)

Gaza-1956Titre: Gaza 1956
Auteur: Joe Sacco
Editeur: Futuropolis

Attention, voici un véritable chef d’oeuvre, un joyau pour les éditions Futuropolis.
Joe Sacco était parti dans la bande de Gaza afin d’illustrer un article pour The Harper. Sur place, il entend parler d’une ville, Khan Younis, et de terribles évènements qui s’y serait déroulés en 1956. avec son collègue journaliste, ils mènent l’enquête, mais le journal ne passera pas les paragraphes consacré à cette ville. Déçu, Joe Sacco décide d’aller plus loin, et de mener l’enquête avec ses propres moyens à lui. Gaza 1956 en est le résultat.
Et quand je parle de Chef d’oeuvre, je place cet ouvrage à la même hauteur que Maus. On est pour moi dans le même niveau de qualité. Et dans une similitude de situation plus que troublante. Les évènements en question, c’est bien entendu la guerre entre israel et les Palestiniens et les pays Arabes. La bande de Gaza, région frontalière avec l’Egypte, a particulièrement été touché. Et vraiment, à la lecture de cet album, on se dit que les israéliens n’ont aucune espèce de mémoire. Joe Sacco se base sur des témoignages, croisés, vérifiés. Leur fiabilité est donc avérée. Et ainsi, voir des populations rassemblées dans des camps, brutalisées par des soldats volontairement désireux de blesser les civils, de les tuer même, sans autre raison que leur religion, ça me fait TOTALEMENT penser à la Shoah. Des morts gratuites, d’ampleur, avec une volonté farouche d’humilier la population ciblée. Je n’ai pas pu terminer l’album tellement j’ai été pris de nausées à la lecture de ces pages. Le gouvernement israélien peut en vouloir à Joe Sacco. Il met en lumière l’idéologie malsaine de celui-ci, et je le redis, son absence totale de mémoire. Les israéliens ont oublié, en 1956, ce que les juifs d’Europe ont vécu pendant presque dix années. Pardon, ils n’ont pas tout à fait oublier. Dès qu’il s’agit de faire taire les rares critiques formulées, là, les gouvernements israéliens se souviennent de l’antisémitisme.

Cet ouvrage est important pour la mémoire. Malheureusement, son traitement noir et blanc, et son épaisseur, le rendront difficile à diffuser. Ce qui est très dommage, car il prend des positions assez rares sur la place publique. Oui, Israel se livre et s’est livré à des massacres inutiles.
Je ne sais pas comment continuer cette chronique, comment la terminer. Je ne parviens pas à trouver la bonne tonalité. Une envie de hurler me reste au fond de la gorge, une envie de me révolter, et de rejoindre les flottes qui essayent aujourd’hui de faire stopper le blocus inhumain vécu par la Bande de Gaza. Je ne le ferai pas, mais je trouverai un moyen de faire connaître cet album, ces faits, ces massacres.

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15 réflexions sur “Gaza 1956 (Mardi chronique)

  1. Benjamin 14/09/2010 13:00

    siiiiiiiiiiiiiiiiii, c’est trop dur, je voulais rester avec mon petit tigre (déjà tout plein de surnom)

  2. Elouarn Blade 15/09/2010 06:15

    j’ai l’impression que tu ne t’arrête qu’au sujet, sans traité ni du ton, du dessin, de la mise en page, du rythme…
    j’avais deja trouvé que tu mettais vite de coté des BD dont le sujet ne te parlais pas.
    Evidémment, on le sait tout ça : que Israël a une politique d’expension machiavélique, que la guerre c’est pas bien… Mais cette BD ??
    (je dis ça, parce que les précédentes de Sacco m’ont un peu ennuyé, j’avais l’impression d’être devant le JT, voir des interviews de passant… trop reportage quoi, des livres assez peu habités de
    son âme)

  3. J’assume pleinement tes critiques. Je ne connais strictement rien aux techniques de dessin, et donc mes chroniques sont nettement plus axées sur les scénario. C’est tout à fait voulu, n’ayant
    aucunement la volonté de produire un texte exhaustif. Je suis chroniqueur, pas journaliste.

    Maintenant, pour répondre très directement à tes questions, oui, c’est une bd reportage. Moi, ça me plaît, je trouve ça important. Et tu as tort quand tu dis qu’on sait tous qu’Israel a une
    politique expansionniste. Je te rappelle qu’il est de bon ton de ne pas critiquer Israel sous peine d’être taxé d’antisémitisme. Autre exemple, l’impossibilité pour l’ONU de réellement enquêter
    sur les exactions israéliennes sur la flotte de bateaux turcs.

    Donc non, il n’est pas aisé de parler des crimes d’Israel. Et je trouve bien que cela soit fait aussi en bande dessinée.

  4. Elouarn Blade 15/09/2010 13:11

    ce que je voulais dire, c’est dommage ne ne pas aimer « Guarduno » parce qu’on n’est pas gauchiste, « Un homme est mort » parce qu’on est anti-syndicaliste, « Rébétiko » parce qu’on ne supporte pas la
    musique folklorique grecque… Ce sont des BD que j’adore, et que je conseillerai même à qq dont les préocupations sont à l’opposé de celles décrites dans ces BD. Ces BD ont des qualités
    intrinsèques, autre que l’idée de départ du récit.
    donc en gros, je ne sais pas quoi faire de ton avis.
    (il y a tellement de daube dont le sujet est l’antimilitarisme, la tolérance, l’amour…)

  5. Yaneck Chareyre 15/09/2010 14:46

    Mais parce que je fais une différence énorme entre sujet et traitement. Ce n’est pas parce qu’une bd est de gauche qu’elle est bonne. Elle peut traiter un sujet de gauche et être ratée. Genre,
    par exemple, Jul, qui est quand même bien orienté, souvent je n’aime pas ses albums. Par contre, si elle est ouvertement de droite, y’a peu de chance que ça me plaise. Genre Largo Winch, pas au
    hasard du tout. Et en contre-exemple, j’aime beaucoup Thorgal, malgré le fait que les idées qui y soient développées, individualistes, avec la liberté comme valeur cardinale, soient à l’opposé
    des miennes.

    Et Rébétiko, j’ai lu sans connaître la musique, je n’y ai pas vu une once d’intérêt. A mon avis, mieux vaut connaître la musique pour apprécier l’album. En tous cas, chez moi ça n’a pas
    fonctionné.

  6. hatem bouzouita 09/05/2012 15:56

    c’est une des meilleur BD que j’ai lu elle a une particularité c’est de faire rentrer la BD dan s le monde du documentaire

  7. Yaneck Chareyre 09/05/2012 23:45

    Je ne pense pas qu’elle la fasse ENTRER, dans le monde du documentaire, ne serait-ce que parce que Joe Sacco n’en était pas à son coup d’essai lors de la publication de celle-ci. Mais c’est très
    fort, c’est certain. Il y a d’ailleurs quelques titres aussi forts, dans la catégorie « bd engagée » de ce blog. N’hésitez pas à venir y piocher des lectures

  8. lotto 17/01/2013 14:04

    Maus reste tout de même bien au-dessus pour moi ; pour la raison simple que graphiquement maus était aussi génial. Là, certes le fond est très bien et ce genre de reportage est toujours
    intéressant et nécessaire. Mais, le style est juste abominable. Sur une page ou deux, en jetant un coup d’oeil on se dit : « Ouahhh, la mise en page est super belle » ; et puis au bout de dix page
    on se rend compte que le dessin est totalement surchargé et illisible. Ce qui fait que je n’ai jamais eu le courage de finir (contrairement à Maus que j’ai dévoré).

  9. Yaneck Chareyre 17/01/2013 15:03

    Je n’ai pas eu ce ressenti, même si moins non plus je ne l’ai pas terminé. Mais peut-être que c’est sur la mise en page que j’ai eu du mal… Allez savoir…

  10. Personnellement, cette BD reportage m’a beaucoup plu mais contrairement à toi (peut-être bizarrement ?), je n’ai pas focalisé sur les événements rapportés mais plutôt sur le travail du reporter : la question de l’impartialité/partialité a plus retenu mon attention. Si ça t’intéresse, mon avis est là : http://embuscades-alcapone.blogspot.fr/2013/05/gaza-1956-en-marge-de-lhistoire-joe.html.
    Pour ce qui concerne le travail graphique de Sacco, j’avoue que son style n’est pas de ceux que je préfère : les personnages sont difficilement identifiables et ça complique la lecture. Ceci dit, cet album reste pour moi un référence en matière de BD reportage.
    Sinon, je te conseille de lire Reportages (toujours de Sacco) que j’ai trouvé beaucoup plus accessible (si je peux me permettre de nouveau, ma chronique est là : http://embuscades-alcapone.blogspot.fr/2013/09/reportages-joe-sacco.html)…
    A bientôt !

  11. J’ai regardé cet articvle là chez toi. C’est pour ça que j’ai dit que je passerai porter un peu le débat chez toi, vu qu’en effet, nos avis divergent ^^

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