Le grand pouvoir du Chninkel (Mercredi classique)

Le-grand-pouvoir-du-chninkel

Titre: Le grand pouvoir du Chninkel
Scénariste: Jean Van Hamme
Dessinateur: Gregorz Rosinski
Editeur: Casterman

Daar était un monde en guerre perpétuelle. Trois immortels s’affrontaient depuis des temps immémoriaux, en une guerre sans fin, usant et abusant de deux peuples devenus esclaves, les Chninkels et les Tawals velus. Après une nouvelle bataille meurtrière, un Chninkel, J’On, se retrouve seul, libre, et en vie. Ne sachant pas quoi faire de cette nouvelle vie, J’On reçoit la visite d’un monolithe sombre, nimbé de lumière: le créateur des mondes, qui veut que ce monde là retrouve la paix rapidement, sans quoi il le détruira. Charge à J’On de parvenir à faire appliquer sa volonté.

N’allez pas plus loin si vous ne voulez pas savoir ce qu’il y a dans cet album. Pour le commenter, je me dois d’en expliquer le contenu, et vous pourriez vouloir garder la surprise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour moi, cet album est une préhistoire du christianisme. Car on découvre à la fin, que Daar est en fait la Terre, dans sa prime jeunesse. Un rebondissement final qui vient donner pas mal de sens à cette historie qui ressemblerait à de la Fantasy.
J’y vois une allégorie toute chrétienne. D’abord, du fait du culte d’U’n, le dieu créateur de monde. Avec un nom pareil, difficile de ne pas penser à la notion de monothéisme. De plus, J’On a une certaine ressemblance avec Jésus. Tous deux messies, prophètes et porteurs de parole divine, ils sont chassés par leurs semblables qui voient dans leur dires une menace pour la hiérarchie religieuse en place (pour rappel, Jésus a nettement été condamné par les marchands du temple qu’il décriait, suivant l’histoire chrétienne). Mieux encore, J’On devra se sacrifier pour que la paix advienne, et son exécution le verra… enchaîné bras en croix. Et vendu par les siens, trahi par l’un de ceux qui se disaient de ses fidèles (Ar’th, qui est le Judas de J’On, lui aussi cédant pour de l’argent). C’est au sommet d’une colline (le Golgotha?) que se fera le calvaire du petit Chninkel.
De nombreux points communs, qui le seraient restés, si Van Hamme n’avait pas fait de ce monde une proto-Terre. De ce fait, il me semble que le parallèle est assez certain.

Même si je ne suis pas fan de ce genre d’histoires, reconnaissons à Van Hamme le talent d’avoir créé un monde presque crédible comme monde fictif, pour mieux le rendre réel en fin d’album.  Mais je ne sais pas dans quel but il a écrit cette histoire. Est-ce pour magnifier le christianisme, en lui donnant une plus grande portée encore, en en faisant un élément inhérent à notre monde, quelle que soit sa période d’évolution? Ou bien a-t-il voulu montrer que l’histoire de Jésus n’était en somme qu’une belle histoire, comme peuvent les écrire les conteurs de tous temps, destinée à distraire les hommes? Je doute que ce soit le deuxième cas, mais je dois bien avouer que je ne connais pas les intentions du scénariste.
Terminons avec quelques mots sur la partie graphique. Impossible de ne pas parler de Rosinski. Comme je l’ai déjà écrit, cet homme est pour moi une référence dans le monde de la Fantasy. Par Thorgal, par la Complainte des Landes Perdues, et par le Grand Pouvoir du Chninkel. Il travaille ici sans couleurs, et son dessin reste pourtant fantastique, rempli d’ambiances adaptées aux tons du récit. Il est l’homme de ces histoires. Pour moi, c’est incontestable. Il est le maître du genre.

Je n’achèterai pas cet album, mais je dois quand même dire qu’il possède bien plus de fond que nombre d’autres bandes dessinées, et que par là même, il mérite le plus grand respect.

 

2 réflexions sur “Le grand pouvoir du Chninkel (Mercredi classique)

  1. Marie Hélène Il y a 4 ans

    Alors moi je l’ai acheté et il reste l’un de mes albums cultes de part son dessin ( mais je ne suis pas très objective car je suis une fan de Rosinski !!!) et de part ses degrés de lecture ! On
    peut y voir une superbe histoire fantastique et comme tu l’as dit y voir une étrange ressemblance avec l’histoire de Jésus mais sans nous endoctriner pour autant !
    Moi je l’adore cet album, surtout celui en noir&blanc, celui sorti en couleurs le dénature, je trouve !

  2. Yaneck Chareyre Il y a 4 ans

    Je l’ai lu en noir et blanc, et ça reste en effet très bon. Moi aussi, je suis fan du trait de Rosinski. Pour moi, cet homme est la fantasy incarné en bande dessiné. De la Fantasy sans Rosinski,
    c’est pas vraiment de la Fantasy. ^^

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