V Pour Vendetta (Jeudi chronique)

V-pour-Vendetta

Titre: V pour Vendetta

Scénariste: Alan Moore

Dessinateur: David Lloyd

Editeur VF: Delcourt

Editeur VO: DC Comics

Voici un album qui manquait en ces lieux. Prenons le temps de faire un peu d’histoire de la bd américaine.

Les années 80 sont considérées là-bas comme un tournant. La faute, principalement, à un homme, Alan Moore. Il va contribuer très largement au développement d’une ambiance extrêmement sombre et violente. Marvel n’avait pas craint d’aborder des thématiques « mâtures » dans Spider-Man (drogue, guerre du Viet Nam…), mais Alan Moore va utiliser la liberté donnée par l’éditeur DC Comics, au sein de son label Vertigo, pour réaliser de véritables œuvres avec du fond. Ce sera Watchmen, ce sera From Hell, ce seraKilling Joke, et ce sera, V pour Vendetta.

Dans le cas présent, Alan Moore s’en prend à sa patrie de naissance, le Royaume-Uni. Il construit une uchronie, une Angleterre fictive, dans laquelle une guerre terrible a permis la mise en place d’un régime fasciste et totalitaire.  Les libertés, c’est fini. Homosexuel? Condamné!

Mais en ce cinq novembre, un homme se dresse contre cela. Il n’a pas de nom, il n’a pas de visage. Juste une initiale, V, juste un masque de théâtre comme identité. Il va s’attaquer à tous les symboles du régime, et les faire tomber un à un. Pour mener une révolution? Non, pour mener une Vendetta. Sur son chemin, il va trouver une pauvre fille, orpheline depuis que ses parents ont été tués par le régime. Il va lui sauver la vie, et elle va suivre sa voie.

C’est une œuvre extrêmement forte, traitant de la liberté, de la résistance, et de la vengeance.

V est-il un héros? En tous cas, pour lui, la fin justifie les moyens, et Evey payera pour voir cela. Seule compte sa vengeance, seule compte la chute du régime. Il est anarchiste. Et le vent qu’il représente va tou faire trembler.

C’est assez difficile de parler du contenu de cette œuvre sans verser dans l’analyse politique. Mais c’est justement ce qui fait l’intérêt de cette œuvre. Elle nous amène à réfléchir sur comment on peut abandonner sa liberté, sur comment on peut s’en priver simplement pour trouver un confort et une sécurité. Et dans le même temps, elle nous pousse à nous demander ce qui peut être acceptable pour sortir de cette situation. La fin justifie-t-elle les moyens comme le pense V?

Aujourd’hui encore, ce propos garde toute sa pertinence. Et si nous ne sommes pas une dictature, et si nous ne sommes pas l’Angleterre, il y a des choses à retenir dans V pour Vendetta. Même vingt ans après.

C’est sans doute ce qui montre la grandeur d’une oeuvre telle que celle-ci.

3 réflexions sur “V Pour Vendetta (Jeudi chronique)

  1. Pingback: V pour Vendetta [comics] | Le Bibliocosme

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