Rides/ La tête en l’air

Rides

Titre : Rides

Auteur : Paco Roca

Editeur : Delcourt

Collection : Mirages

 

 

Voilà un album qui trône depuis plusieurs mois dans ma bibliothèque, sans que je n’y touche. Partant pour une journée riche en déplacements, et donc en longues minutes de bus, je me décide à le prendre, histoire de voir. Cette bd est en fait à ma compagne, un cadeau de l’une de ses sœurs, si je ne me trompe pas.

Je me suis donc installé dans le bus, et j’ai pris en main l’album.

Rides est une bande dessinée qui m’a procuré une grande émotion. C’est l’histoire d’un homme, Ernest, que son fils place en maison de retraite. Une institution « normale », ni prodigieuse de qualité, ni monstrueuse de maltraitance. On regarde Ernest découvrir et évoluer dans ce nouvel environnement. Il y fait de nombreuses rencontres, différents portraits de la vieillesse. Mais Ernest est atteint de la maladie d’Alzheimer, et ces portraits vont le fuir…

C’est une chronique d’une vie malheureusement normale, que nous dépeint Roca. Une chronique de la fin de vie. Il y a des pages poignantes, dans cet album. Techniquement, la bd peut apporter des choses que le cinéma ne peut que faire difficilement. Je pense par exemple à une double page, où les cases ne contiennent qu’une série de chaises et une horloge, pour démontrer le vide des journées. Je pense aussi à l’une des dernières cases, et ce visage qui s’efface, se recompose, pour se brouiller encore.

Je suis aujourd’hui beaucoup plus sensibilisé à cette question, grâce à ma compagne, infirmière en gérontologie, ex-directrice adjointe d’une maison de retraite et formatrice dans le domaine. C’est sans doute grâce à elle que ce livre m’a tant ému, car sinon, peut-être que je serais totalement passé à côté. Il est toujours plus dur d’écrire sur son sentiment, sur l’émotion. Peut-être est-ce aussi le fait que cette normalité quotidienne décrite n’est pas acceptable, que le manque d’efforts réalisés pour donner de véritables bonnes conditions de vie aux personnes âgées est injuste. Et il n’y a rien qui ne me touche plus que l’injustice.

Lorsque je lis Rides, et que j’y vois tous ces vieux, pas déments, réglés par les horaires de repas, et végétant entre ces moments, je m’insurge. Il y en a qui certes ne peuvent pas se permettre autre choses, mais ce n’est pas le cas de tous. Et pour ceux là, c’est grave. Avec des moyens, de la considération, il serait possible de faire tellement mieux…

Ce qui est écrit dans Rides est beau, touchant. Je remercie ma belle-sœur de l’avoir offert à ma compagne. Je serais passé à côté de quelque chose, sinon.

PS: Rajout du nouveau titre de l’album, suite à son adaptation en film d’animation en 2012

6 réflexions sur “Rides/ La tête en l’air

  1. Reno Il y a 5 ans

    Merci de m’avoir fait découvrir votre analyse, avec laquelle je suis tout à fait d’accord. Cet album prend tout son sens avec votre message.

  2. Yaneck Chareyre Il y a 5 ans

    Merci beaucoup. J’ai de la chance d’avoir une femme très portée sur la question, et sur les valeurs qu’elle défend dans son métier.

  3. Jean-françois Il y a 5 ans

    Bonjour,
    vous êtes venu me visiter il y a quelques temps, je ne suis pas très rapide pour répondre… la vieillesse ne me guette pas encore, mais ce livre de Roca est vraiment formidable, nous partageons donc une affinité littéraire, bien que vous soyez beaucoup plus sensibilisé que moi au sujet de cet ouvrage…
    à bientôt.

  4. Pingback: La tête en l’air | Les lectures de Caro

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